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Pourquoi aller dehors nous rend-il heureux et en meilleure santé ?

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As-tu remarqué qu’aller prendre l’air semble avoir une influence positive sur ton humeur ? Ou que de rester enfermé a une tendance à augmenter ton anxiété ? Il y a en effet un lien direct entre notre bien-être et le fait de passer du temps dehors. Curieux.se d’en savoir davantage ? Voyons ensemble pourquoi passer plus de temps dehors est bénéfique pour notre bien-être, quels sont les mécanismes qui participent à ce bien-être, et comment nous pouvons mettre toutes les chances de notre côté pour en bénéficier pleinement.

Lumière du jour et sérotonine

Profiter de la lumière extérieure a un impact considérable sur notre capacité à sécréter de la sérotonine, aussi connue sous le nom “d’hormone du bonheur”. La dépression, qu’elle soit saisonnière ou non, est souvent associée à des taux de sérotonine trop bas. Passer plus de temps dehors, particulièrement en hiver lorsque l’ensoleillement est limité, permet d’augmenter nos niveaux en sérotonine et ainsi combattre les épisodes dépressifs.1G. W. Lambert et al. Effect of sunlight and season on serotonin turnover in the brain. Lancet, Volume 360, Issue 9348, December 20022Simon N. Young. How to Increase Serotonin in the Human Brain Without Drugs. Journal of Psychiatry & Neuroscience, Volume 32, Issue 6, November 2007

En plus de booster notre système immunitaire3Nadine Herr et al. The Effects of Serotonin in Immune Cells. Frontiers in Cardiovascular Medecine, Volume 4, Issue 48, July 2017, la sérotonine permet également, et indirectement, de réguler notre rythme circadien.

En effet, cette hormone est précurseure de la sécrétion de mélatonine, hormone qui, elle, favorise l’endormissement.4M. Nathaniel Mead. Benefits of Sunlight: A Bright Spot for Human Health. Environ Health Perspect., Avril 2008

Une petite ballade d’au moins dix minutes, idéalement lorsque le soleil est encore très bas à l’horizon, est suffisante pour exposer nos yeux et notre peau à la lumière matinale, ce qui augmente ainsi nos niveaux de sérotonine et permet d’indiquer à notre cerveau que c’est le matin, ce qui plus tard permet une sécrétion optimale de mélatonine.5M. Nathaniel Mead. Benefits of Sunlight: A Bright Spot for Human Health. Environ Health Perspect., Avril 2008

Comme les niveaux de sérotonine baissent en même temps que la lumière du jour, ils laisseront place à la mélatonine qui sera relâchée lorsqu’il fait plus sombre, pour ainsi préparer notre corps à dormir. Une étude récente suggère que des niveaux trop bas de sérotonine, entres autres, ne permettront pas une sécrétion suffisante de mélatonine, ce qui peut impacter l’endormissement.6Grigorios Oikonomou et al. The Serotonergic Raphe Promote Sleep in Zebrafish and Mice. Neuron, Volume 103, Issue 4, Juin 2019

Nature, immunité et santé cérébrale

Peut-être as-tu entendu parlé de l’hypothèse hygiéniste, qui suggère que les enfants développent moins d’allergies et de maladies auto-immunes lorsqu’ils grandissent dans un environnement riche en microbes – plus abondants dans les milieux ruraux.7Torsten Olszak et al. Microbial Exposure During Early Life Has Persistent Effect On Natural Killer T Cell Function. Science, Vol. 336, Issue 6080, March 20128L. Ruokolainen et al. Significant disparities in allergy prevalence and microbiota between the young people in Finnish and Russian Karelia. Clinal & Experimental Allergy, Volume 45, Issue 5, February 20179Martijn J. Schuijs et al. Farm dust and endotoxin protect against allergy through A20 induction in lung epithelial cells. Science, Volume 349, Issue 6252, September 2015 Même à l’âge adulte, être en relation avec la terre, les plantes et les animaux va enrichir la diversité de notre microbiote, ce qui rend notre système immunitaire plus performant.10Dongrui Zhou et al. Exposure to soil, house dust and decaying plants increases gut microbial diversity and decreases serum immunoglobulin E levels in BALB/c mice. Environmental Microbiology, Volume 18, Issue 5, May 201511Winfried E.H. Blum et al. Does Soil Contribute to the Human Gut Microbiome? . Microorganisms, Volume 7, Issue 9, August 2019

La thérapie par l’horticulture, aussi appelée hortithérapie, a montré des effets bénéfiques non seulement sur le système immunitaire des adultes, mais également sur leur cognition, notamment leur mémoire et attention12Glenn Choon Lim Wong et al. Horticultural Therapy Reduces Biomarkers of Immunosenescence and Inflammaging in Community-Dwelling Older Adults. The Journals of Gerontology, Serie A, Vol. 76, Issue 2, February 2021 – les mêmes résultats sont obtenus lorsque l’on compare les différences entre les personnes évoluant dans un environnement rural plutôt qu’urbain.13Kathryn E. et al. Understanding Nature and Its Cognitive Benefits.
Current Directions in Psychological Science
, Vol. 28, Issue 5, October 2019
14Marc G. Berman et al. The Cognitive Benefits of Interacting With Nature. Psychological Science
, Vol. 19, Issue 12, December 2008
15Ming Kuo. How might contact with nature promote human health?. Frontiers in Psychology, Vol. G, Issue 1093, August 2015

Un lien très intéressant a notamment été découvert entre le manque de contact avec certains parasites et la prévalence de la maladie d’Alzheimer dans les pays industrialisés.16Molly Fox et al. Hygiene and the world distribution of Alzheimer’s disease. Evolution, Medecine, & Public Health, Vol. 2013, Issue 1, July 2013 Selon une étude menée par Benjamin C. Trumble et al, les personnes porteuses de l’apolipoprotéine E4 ont plus de chances de développer la maladie d’Alzheimer si elles vivent dans un pays industrialisé. Cependant, cette même protéine s’avère protectrice contre la maladie d’Alzheimer pour les personnes qui vivent dans des environnements où les parasites et pathogènes sont en plus grande quantité (l’étude porte sur une population de cueilleur-horticulteur en Amazonie).17Benjamin C. Trumble et al. Apolipoprotein E4 is Associated with Improved Cognitive Function in Amazonian Forager-horticulturalists with a High Parasite Burden. FASEV J., Vol. 31, Issue 4, April 2017

C’est ce que l’on appelle un “décalage évolutionnaire” ; les êtres humains ont évolués avec certaines caractéristiques qui, se retrouvant confrontées à un environnement différent de celui dans lequel elles se sont adaptées, génère un effet délétère.

En somme, jardiner ou partir à la cueillette est un excellent moyen d’être en contact direct avec la nature et d’exposer notre corps aux microbes ambiants qui entretiennent notre système immunitaire. De plus, passer du temps dehors nous permet également d’être physiquement actif, ce qui impact positivement notre bien-être physique et mental et va notamment diminuer notre risque de contracter des maladies chroniques (diabète, cancer, ostéoporose, maladies cardiaques et neuro-dégénératives).18Carlo Maria Di Liegro et al. Physical Activity and Brain health. Genes, Vol. 10, Issue 9, September 201919Darren E.R. Warburton et al. Health Benefits of Physical Activity: the Evidence. CMAJ, Vol. 174, Issue 6, March 2006

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1) G. W. Lambert et al. Effect of sunlight and season on serotonin turnover in the brain. The Lancet, Volume 360, Issue 9348, Décembre 2002

2) Simon N. Young. How to Increase Serotonin in the Human Brain Without Drugs. J Psychiatry Neurosci., Volume 32, Issue 6, Novembre 2007

3) Nadine Herr et al. The Effects of Serotonin in Immune Cells. Frontiers in Cardiovascular Medicine, Volume 4, Issue 48, July 2017

4) M. Nathaniel Mead. Benefits of Sunlight: A Bright Spot for Human Health. Environ Health Perspect., Avril 2008

5) Ib idem.

6) Grigorios Oikonomou et al. The Serotonergic Raphe Promote Sleep in Zebrafish and Mice. Neuron, Volume 103, Issue 4, Juin 2019

7) Torsten Olszak et al. Microbial Exposure During Early Life Has Persistent Effect On Natural Killer T Cell Function. Science, Vol. 336, Issue 6080, Mars 2012

8) L. Ruokolainen et al. Significant Disparities in Allergy Prevalence and Microbiota Between the Young People in Finnish and Russian Karelia. Clinal & Experimental Allergy, Volume 45, Issue 5, Février 2017

9) Martijn J. Schuijs et al. Farm dust and endotoxin protect against allergy through A20 induction in lung epithelial cells. Science, Volume 349, Issue 6252, September 2015

10) Dongrui Zhou et al. Exposure to soil, house dust and decaying plants increases gut microbial diversity and decreases serum immunoglobulin E levels in BALB/c mice. Environmental Microbiology, Volume 18, Issue 5, May 2015

11) Winfried E.H. Blum et al. Does Soil Contribute to the Human Gut Microbiome?. Microorganisms, Volume 7, Issue 9, August 2019

12) Glenn Choon Lim Wong et al. Horticultural Therapy Reduces Biomarkers of Immunosenescence and Inflammaging in Community-Dwelling Older Adults. The Journals of Gerontology, Serie A, Vol. 76, Issue 2, February 2021

13) Kathryn E. et al. Understanding Nature and Its Cognitive Benefits. Current Directions in Psychological Science, Vol. 28, Issue 5, October 2019

14) Marc G. Berman et al. The Cognitive Benefits of Interacting With Nature. Psychological Science , Vol. 19, Issue 12, December 2008

15) Ming Kuo. How might contact with nature promote human health?. Frontiers in Psychology, Vol. G, Issue 1093, August 2015

16) Molly Fox et al. Hygiene and the world distribution of Alzheimer’s disease. Evolution, Medecine, & Public Health, Vol. 2013, Issue 1, July 2013

17) Benjamin C. Trumble et al. Apolipoprotein E4 is Associated with Improved Cognitive Function in Amazonian Forager-horticulturalists with a High Parasite Burden. FASEV J., Vol. 31, Issue 4, April 2017

18) Carlo Maria Di Liegro et al. Physical Activity and Brain health. Genes, Vol. 10, Issue 9, September 2019

19) Darren E.R. Warburton et al. Health Benefits of Physical Activity: the Evidence. CMAJ, Vol. 174, Issue 6, March 2006